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Chroniques

Quand ça change, ça change

21 juillet 2026 · 6 min de lecture
Quand ça change, ça change

Chers tous,

Comme vous le savez, la décision négative à notre encontre du Conseil d'Etat nous pousse momentanément voire peut être définitivement; à déménager du local que nous occupons actuellement rue d'Alleray. C'est la vie, le mektoub, le karma.

De toute manière, avec une jauge à 19 personnes, nous étions quasiment à chaque fois proche de l'illégalité. On ne pouvait organiser de multi dignes de ce nom et j'en était tout comme vous, très frustré. On y aura passé quand même de bons moments tous ensemble.

Mais la vie, c'est surtout avancer. La décision du Conseil d'Etat mais également (surtout) un tas de mouvements dans le milieu libertin, notamment des affaires judiciaires et pénales partout en France, nous imposent de prendre les devants et modifier, confirmer, adapter notre règlement mais aussi notre présentation des événements.

Voici ce que nous avons décidé (lisez bien le tout et vous verrez, vous allez pas mal sourire).

1/ Nous n'organiserons plus de gang bangs ou de bukkakes ; Dorénavant, on les appelera des Piou Piou et des Splash splash (riez pas, je vais vraiment le faire).

2/ La présentation de ces pious pious et splash splash sera dorénavant beaucoup plus soft. Il ne sera plus désormais présenté des "chiennes qui veulent se faire démonter", mais des "princesses qui veulent être honorés par d'intrépides chevaliers servants" (Riez pas, le Préfecture nous reproche une présentation où les femmes sont objectifiés, nous allons leur montrer qu'on n'offre pas une femme à un groupe d'hommes mais un groupe d'hommes à une femme).

3/ Le site, dès la rentrée sera scindé en deux parties. Une partie accessible et une autre dédiée aux abonnés. L'abonnement sera payant, mais vous aurez une réduction sur les entrées aux événements. Je vous rassure, on va vous proposer des moyens de paiement qui protègeront votre anonymat et le site sera sécurisé. La partie abonnés donnera accès à l'agenda, à du contenu de certains de nos partenaires (vidéos, photos, textes mais aussi mes recettes de cuisine, articles de certains journalistes mainstream qui pourront sous pseudonyme vous raconter des choses qu'ils ne pourront écrire dans leur journal, agenda d'autres événements en France et à l'étranger, bref, vous en aurez pour votre argent. L'abonnement coûtera moins de 10€ par mois et les événements reviendront le temps de lancement de notre nouvelle adresse à 70€.

4/ Les femmes seules qui nous demanderont une organisation auront droit à une coordinatrice d'intimité qui prendra contact avec elles avant l'événement pour bien cadrer leurs envies, qui sera présente pendant tout l'événement et qui nous fera un débrief écrit après l'événement. Elle sera payée par la cliente pour éviter tout doute et sera indépendante totalement, y compris de moi. Si une femme seule refuse la coordinatrice d'intimité, nous lui demanderons de venir avec un Angel (homme ou femme) qui ne participera pas mais sera présent.e . En tous cas, nous ne recevrons plus de femme seule. Cela va je pense rassurer tout le monde et notamment la Préfecture de Paris qui s'inquiète à juste titre du consentement des femmes (drôle qu'elle ne s'intéresse pas au consentement masculin)

5/ Les hommes présents à un piou piou ou tout autre événement (multi, splash splash) devront dorénavant demander verbalement le consentement d'une femme (seule ou en couple) en début et en cours d'événement. Chaque homme devra le faire, obligatoirement à chaque événement. Cela permettra de briser la glace, d'être au fait des envies et tabous de chacun.

6/ Pour certains événements hors normes, avec l'accord de tout le monde, nous garderons une trace filmée de l'événement. Ce sera sur un site sécurisé totalement (idem pour la prochaine version du site) afin de nous préserver au niveau de la justice en cas de doute. Vous serez prévenu à l'avance à votre inscription.

7/ Avec certains organisateurs parisiens, nous allons lancer un groupe de veeting privé afin de mieux faire circuler les informations; notamment sur les comportements problématiques que chaque orga peut rencontrer. Les femmes parlent entre elles et c'est génial, les hommes parlent entre eux et c'est génial également. Je pense qu'il était temps que les organisateurs malgré l'égo et le fait d'être concurrents, puissent s'asseoir à une table et discuter également entre eux. Un avocat pénaliste fera partie du groupe de veeting également. Une caisse commune de prévention sera créée également ainsi qu'un partage de ressources notamment administratives sont prévus. L'idée est de pouvoir organiser, pratiquer son métier avec une déontologie commune et partager les bons comme les mauvais moments ensemble. Pour l'avoir vécue, la solitude de l'entrepreneur est ce qui ronge le plus un organisateur qui ne saurait avec qui partager ses doutes et ses joies.

Après plusieurs tentatives de ma part de créer un engouement parmi les organisateurs, je constate enfin que les choses changent petit à petit. Depuis quelques années, on constate qu'il y a de plus en plus de personnes borderlines (hommes et femmes) qui fréquentent les milieux kinky et libertin. Les affaires pénales se multiplient contre des maitres/mentors/maris qui forcent leurs femme/soumise/amante à participer à des orgies, des gb, voire les organisent eux même. Le chemsex, les rapports sans préservatif décomplexés, après le milieu gay, arrivent en force dans le milieu hétéro. Cela est TRES dangereux. La porosité entre les milieux tds et les milieux libertins est de moins en moins toléré par la justice et la police. Un club ou un organisateur peut se retrouver inquiété juste parce qu'il a eu le tort de recevoir une libertine qui fait escort à titre privé, même si l'organisateur ne peut deviner qui est tds et qui ne l'est pas. Pour ma part, je préfère qu'une femme m'annonce ce qu'elle fait en amont d'une organisation, je pourrai trouver une solution pour lui organiser son évent sans enfreindre aucune loi. Je ne juge personne et chacun peut bien faire ce qu'il lui chante dans sa vie privée (encore heureux).

Voilà pour les changements. Comme toujours, je les annonce en avance et les mets en application petit à petit.

Je pense que vous tous, comprendrez.

Amitiés

Z.

19 commentaires

Un mot, une question, un souvenir : la parole est à vous.

Mile

bonjour,

tres bonne idée ces nouveaux nom, c’est marrant mais parfois faut jouer avec les mots. moi j’aurai mis pan pan ou pif paf. En espérant participer au prochain évènement et savoir si durant le mois d’août des événements sont prévus ?

cordialement

Mike

Bruno

Franchement j’applaudis, notamment par rapport au recueil du consentement. C’est rassurant autant pour toi que pour les participant.e.s.

Z. L'équipe en réponse à Bruno

Merci énormément, je suis très touché

Greg

Bravo Z pour la résilience et la capacité d’adaptation.

Je trouve ça bien, avec quelques remarques :

– ok avec l’idée de renommer les évènements pour gommer la présomption d’objectification, mais ne peut on trouver des noms sympas avec lesquels on peut un peu se projeter, un peu comme les princesses et les chevaliers, même avec de l’humour, mais qui fassent moins farce, tant qu’à les utiliser vraiment ?

– pas contre la partie payante d’autant que ça protège aussi les mineurs mais pas compris ce qu’il y aurait dans la partie gratuite. Si on a l’agenda chez les abonnés, alors les non abonnés ne peuvent venir aux événements ? Mais dans ce cas là réduction abonné c’est par rapport à quoi ?

– le consentement individuel au début c’est très bien, la coordonnatrice d’intimité aussi, mais plutôt que redemander un consentement en cours de route individuel, pourquoi ne pas mettre l’accent sur un safeword ?

– top les liens entre organisateurs, vous ne voulez pas vous constituer en fédération ou syndicat ou qq chose de plus officiel ?

– enfin pour les tds, pourquoi pas juste une attestation sur l’honneur lors de la commande de l’évent que la femme n’est pas ici en tant que tds n’est pas rémunérée et fait cela pour son plaisir etc ? (normalement il faudrait aussi pour les mecs d’ailleurs mais tout le monde s’en fout lol)

Voilà mes petites retours si jamais elles peuvent te servir…

Bon courage !

Z. L'équipe en réponse à Greg

Coucou Greg, merci énormément pour ton soutien, ta venue à l’audience et tous tes messages. Parfois je ne sais pas comment remercier et je suis maladroit, donc vraiment merci.

1/ vraiment question de goût. je trouve que piou piou c’est pas mal, mais je reste ouvert à changement, n’hésitez pas tous à m’envoyer vos recommendations.

2/ La partie non payante donnera un avant-goût de l’agenda, accès à tous les articles « légaux » (règlement, tarification, ancien articles rédigés avant l’arrivée de la partie abonnés). Nos tarifs vont être réduits le temps du lancement de notre nouveau local (qui ne s’appellera donc plus Factory), il n’y a pas de réel lien entre l’abonnement au site et la tarification des événements. Le site est visité par des milliers de personnes qui ne viendront jamais aux événements (libertins virtuels, loin de Paris, curieux, trop curieux etc).

3/ On a déjà le safeword, mais je suis partisant de bretelles ET ceinture pour ma part. On peut demander le consentement de manière fun et non formelle et admnistrative.

4/ Déjà que je n’ai pas la totalité des orgas (chacun préfère rester dans son coin, on a pas mal de guerres d’égo, beuacoup ne sont même pas déclarés, crois moi c’est une tannée juste pour les réunir autour d’une table, alors pour crée un syndicat ou une fédé, perso, j’ai pas du tout la force).

5/ c’est prévu pour les tds, l’avocat se charge de nous préparer le document type.

La bise

Z.

SANTINELLI

J espère que cela sera un nouveau départ. Avec tout mon soutien

Arno

Bonjour Z,

franchement, bravo pour votre énergie et votre capacité de rebond qui est assez époustouflante (tiens, ça pourrait être un nom pour vos événements, ça, les Époustouflantes ou -touflances ou les touf-touf, simplement 😆).

L’histoire des termes admis, autorisés, du respect de la personne tout ça, tout ça, ça me rappelle une anecdote, sur un chantier de construction actuel d’un château médiéval, à Guédelon, avec les méthodes de l’époque. il y a un outil qui consiste en une grande roue qui permet de monter les pierres en hauteur, et cette roue devait s’appeler quelque chose comme la « roue de castor » ou « de cobaye ». L’inspection du travail avait exigé que le nom soit changé par respect pour les êtres humains qui y travaillaient. Bref, toujours et partout, des petits juges ou des petits conseillers ont des vapeurs quand on nomme les choses, et ont besoin de faire du zèle administratif.

Plein de courage pour cette nouvelle page sur laquelle j’espère appposer mon nom un de ces jours aussi, comme j’ai eu le bonheur et la chance de faire une fois rue d’Alleray.

Bien amicalement

Arno

Romuald romain

cher z

je rend hommage à ta passion ton dévouement et ta fidélité. Une chasse aux sorcières 🧙‍♀️ vise hélas actuellement le milieu libertin Étant loin de ton institution et au vu 🙈 de cette cabale je tire à contre cœur ma révérence en te souhaitant les meilleurs choses et tous mes vœux de réussite pour cette nouvelle version grosses bises

StanTheJurist

je parcours notamment ce site depuis des années sans jamais avoir franchi le cap du libertinage (en club, privé, etc…). Cela entretien ma libido et cela me suffit.

Et je me fais la remarque suivante : la question des tds ne semble pas être un sujet.

Z, à l’évidence, n’a jamais pris le moindre risque en 15 ans d’exercice ! De mémoire de lectures, il a consulté des avocats spécialisés et ce depuis le début de son activité !

Peut être même s’est il posé la question de savoir si payer le taxi à une femme pouvait se retourner contre lui !

La mise en place de dispositifs de préconstitutions de preuves est quant à lui parfaitement secure. J’ai lu des témoignages de patrons de clubs libertîns qui sentent immédiatement quand au sein d’un couple la femme vient contre son gré. Avec souvent effet immédiat : refus d’entrer.

Les mouvements féministes ont conquis un droit fondamental : le droit des femmes à consentir ou à refuser. Le défi n’est pas de leur retirer cette liberté au nom de leur protection, mais de faire respecter effectivement leurs droits et de sanctionner toute atteinte à leur libre consentement.

Z. L'équipe en réponse à StanTheJurist

Le sujet des tds est récurrent dans le milieu lib. De plus en plus de femmes libertines font également escort en plus de leur vie libertine. Il y a de cela quelques années, elles étaient discrètes et compartimentaient leurs différentes vies. Entre l’escortisme classique, la création de contenu et la vie libertine, un organisateur ou un patron de club doit pouvoir prouver à tout moment qu’il ne rémunère personne dans son établissement.

Dernièrement, un de mes collègues s’est retrouvé en garde à vue pendant 3 jours et 3 nuits ainsi que sa compagne et le propriétaire du lieu où il organisait et a été accusé de proxénétisme.

L’actualité judiciaire du monde libertin est de plus en plus importante. Je me dois de me protéger et protéger les personnes qui viennent dans mes événements.

Je dois être sûr à n’importe quel moment qu’un.e participant.e est consentant dans un de mes événements.

Je dois pouvoir rassurer les différentes administrations. Je pense sincèrement qu’on peut s’en sortir par le haut.

Les mentalités, les moeurs changent. Ce qui pouvait être toléré ou considéré comme « léger » il y a 5 ans, peut, aujourd’hui être considéré plus que problématique, voire pénalement répréhensible.

Les affaires French Bukkake, Pélicaud, ainsi que plusieurs histoires de femmes sous influence ou emprise par des compagnons qui ont été aménés en club, au Cap d’Agde, chez un organisateur et qui ont reconnu être forcées ou non consentantes, me font très peur. Je préfère donc dans ma situation, actuellement sous les projecteurs faire ceinture ET bretelles.

GoutPassion

Une très belle résurrection !

Thomas

Bravo Z pour ta résilience et ta capacité à progresser dans l’adversité. Ces évolutions sont très positives et de nature à rassurer tous les participants hommes ou femmes.

J’imagine que le sujet a déjà été largement débattu mais mon avis est que ton prochain local devrait être réellement indépendant d’accès et sans voisinage trop proche. La discrétion est de mise. Et aussi se trouver dans un quartier moins « fermé d’esprit » ou moins « hypocrite »… ce qui exclut la bobozone parisienne….

Chaed

Salut Z,

Je suis admiratif de ta ténacité et de l’intelligence avec laquelle tu joues avec les situations pour t’adapter, prendre du recul et te remettre en question.

Tes initiatives ne peuvent de toute façon que bénéficier à cette pratique.

Et ton besoin de fédérer chacun des acteurs du milieu me touche particulièrement.

Force à toi.

A très bientôt j’espère.

François

Tous mes voeux de rebond après ces fâcheuses péripéties. Visiblement tu apprends de tes erreurs et je t’en félicite. Car je pense que c’était une erreur de s’installer chez les bourgeois parisiens. Ils ont vu leur patrimoine en danger et il n’y rien de pire pour eux. Ils étaient prêts à tout pour te faire partir.

Une remarque : de mon expérience, à Bagnolet, dans le 15ème ou à d’autres adresses où tu as organisé des évènements, j’ai toujours été un peu gêné par l’attente dans la rue. Ce n’est pas discret, on se retrouve à quelques mecs à tourner en rond à l’adresse de l’évènement. Un oeil attentif repère le manège. Su tu pouvais trouver un lieu où tu pouvais directement accueillir les participants à l’intérieur, ce serait un plus. Dans un petit salon, pour ne pas dire salle d’attente, suffisamment séparé du reste de la surface. Avec idéalement une entrée séparée pour les dames et/ou couples, pour que princesse et chevaliers se rencontrent uniquement dans la salle de piou piou.

Olivier

Je vais finir par croire que tu es belge mon cher Z, tant tu sembles bien gérer les compromis (le fameux « compromis à la belge » en lien avec nos trois communautés linguistiques à gérer).

Bravo pour ton courage, ton imagination fertile pour t’adapter aux situations et la force aussi (ça doit demander énormément d’énergie). J’espère un jour se revoir avec ma Madame.

Olivier

Sex

J’ai identifié 5 problèmes à ton activité:

1/ La morale avec une société pensant que les femmes ne peuvent pas être libre de faire du piou piou. La femme doit être une bonne mère de famille. Sinon c’est un objet au service des homme pervertis. La femme serait plus pure que l’homme ?

2/ Sexe et argent ne font pas bon ménage. Cela crée une discrimination, une élite qui profite du sexe, de l’argent facile par rapport au salarié qui travaille à l’usine.

3/ Le consentement et le bon déroulement des parties. Le problème se pose pour les femmes qui se font rémunérées, celles qui sont soumises par leur compagnon sans leur consentement, consommant des substances, ou victimes sur place d’un mauvais comportement. C’est du viol donc puni comme un meurtre.

4/ Le voisinage. Bruits, nuisances.

5/ Les pratiques risquées (sans capotes) et problèmes de MST.

La société pretend la liberté et on voit que c’est le contraire. Si la société faisait plus de piou piou, ils casseraient moins les noisettes, et ne regarderaient pas ce qui se passe dans la culotte des autres pour comparer a la leur.

Je n’ai jamais participé a mon grand dam, mais j’avoue que regarder les actualités m’excitaient, me donnant l’envie de venir. S’il faut payer un abonnement, je n’aurai pas l’envie.

Sylvano

Hello

Pourquoi ne déménageriez vous pas à Genève? Paris nous vous mérite plus et Genève serait ravi de vous accueillir

Qu’en pensez-vous?

angelKokin

Mon cher Z, mon cher ami,

Je viens de découvrir la sanction qui s’abat sur la factory, malgré tout ce que tu as mis en place et toutes tes mains tendues.

Tu sais et tu as toujours su rebondir et ta bienveillance et ton intelligence en sont encore plus grande et fortes.

Ce n’est qu’un nouveau kilomètre zéro.

Je suis et resterai à tes côtés.

Forza mon ami.

Amitiés

David

Z. L'équipe en réponse à angelKokin

Merci David. Merci beaucoup.

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