La « Chambre des Merveilles » de Palerme, découverte par hasard sous quatre couches de plâtre dans un appartement privé du centre historique. Entièrement peinte en bleu et enrichie d’une calligraphie arabe en argent au début du XIXe siècle.
La Chambre des Merveilles (en italien Camera delle Meraviglie, aussi appelée Chambre Bleue) est l’un des endroits les plus insolites et mystérieux de Palerme. C’est une petite pièce cachée dans un appartement privé, véritable « Wunderkammer » (cabinet de curiosités) du XIXe siècle, pleine de symboles orientaux et ésotériques.
Elle a été découverte par pur hasard en 2003 par les propriétaires actuels, les journalistes Valeria Giarrusso et Giuseppe Cadili, pendant des travaux de rénovation. Une infiltration d’eau après un orage a fait tomber le plâtre et révélé les fresques cachées sous quatre couches de chaux et de peinture. Les analyses (dont une TAC sur les portes) ont montré que les décorations datent de la seconde moitié du XIXe siècle. C’est une petite pièce cubique (environ 3,5 m × 3,5 m) entièrement peinte à l’huile :
- Murs et plafond d’un bleu profond intense.
- Des centaines d’inscriptions calligraphiques en or et argent (style arabe, avec des tughra ottomans).
- Des motifs répétitifs, des invocations, et au plafond des lampes peintes qui évoquent la Sourate de la Lumière du Coran.
- Même les portes sont peintes en bleu avec des dessins cachés sous les vernis.
Il y a aussi une séquence de notes de musique cachée dans les lettres (une mélodie palindromique, qui se lit dans les deux sens) ! Le nombre 7 est omniprésent (7 lignes d’inscriptions, 7 lampes par côté, etc.), et le 5 symbolise les piliers de l’islam
On a d’abord cru à une petite mosquée privée (à cause du balcon orienté vers La Mecque et des inscriptions). Mais les experts (notamment de l’Université de Bonn) ont écarté cette idée : pigments non conformes, artisan local qui ne maîtrisait pas parfaitement l’arabe, etc.
Les théories les plus sérieuses :
- Une « stanza alla turca » (chambre orientale à la mode au XIXe siècle, comme celle de la Palazzina Cinese).
- Un lieu de méditation soufie ou ésotérique.
- Peut-être même une chambre maçonnique (le propriétaire de l’époque, Stefano Sammartino, duc de Montalbo et ministre bourbonien, avait des liens avec la franc-maçonnerie).
Une inscription latine cachée dit « Recto lucet » (« Elle brille de rectitude ») et on y trouve des phrases du Prophète comme « Gloire à Dieu, rien ne lui ressemble ».


