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Chroniques/récits érotiques

La Boîte, par Charlotte Cocci

24 septembre 2026 · 5 min de lecture

Charlotte a visité la Factory un jour (enfin un soir). Elle a été très inspirée par notre flipper et a donc rédigé cette petite histoire. Je vous incite et invite à visiter son blog ici : https://charlottecocci.wordpress.com/ Merci à elle pour ce joli cadeau.

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La Boîte


Tu l’as tout de suite su, que j’avais envie d’être offerte. Que j’étais ce genre de salope-là. Il t’a fallu deux fois trois heures de conversation pour me convaincre d’essayer la version contemporaine et vibrante de la boîte. Elle n’est pas comme dans mes fantasmes.


Je la voyais en bois, gloryhole amélioré pour humiliation pas si publique que ça. Je m’y sentais en sécurité, inaccessible aux crachats des gueux puisque ma figure leur était dissimulée. Mais j’étais pourtant tellement exposée, con et cul bien écartés et librement accessibles.


Tu m’avais conduite sur place sans nous presser, j’avais posé mes affaires et pris une douche. Tu étais venu me rejoindre pour achever de me laver ou de me détendre, je ne sais pas. J’étais nue sauf mes talons. J’avais refusé les bas. Que les amateurs de lingerie fine les imaginent ! Moi, je voulais être en tenue confortable. Ni bourgeoise ni catin. Juste moi.


J’avais changé mon piercing pour un anneau un peu épais, pour que tes invités le sentent bien quand ils me fourreraient. Tu m’avais tripotée tout le temps où nous étions ensemble. Comme si tu cherchais à mettre ta griffe un peu partout ou à me rassurer. Je n’étais pas inquiète. J’étais là parce que j’avais envie.


Tu m’as installée en riant. Nous avions convenu qu’il n’y aurait pas de caméra à l’intérieur car je voulais être seule avec mes pensées. Quand j’en ai eu marre d’hésiter, je t’ai dit : « Je compte sur ton extrême attention. » et c’est vrai que j’en avais besoin pour me livrer aussi totalement.


Ça n’était pas comme dans mon fantasme. C’était mieux.


J’ai attendu un temps très long dans une musique d’abord d’ascenseur puis tu as mis du violoncelle. J’étais hors de vue jusqu’à la taille puis exposée. J’imagine que tu m’as regardée. Photographiée. J’ai senti tes mains sur mes fesses. Caresser. Claquer. Parce que tu étais seul encore je t’ai entendu : « Showtime, Mademoiselle ! » et puis je suis rentrée en moi.


J’ai placé tous mes capteurs sur les parties visibles de mon anatomie : sur les hanches où inévitablement des mains allaient se poser. Dans mon sexe gonflé d’anticipation et dans mon anus encore serré. A l’intérieur des genoux où, comme sur les poignets, mon plaisir s’annonce. C’est marrant, c’est une fois en boîte que je pensais au plaisir. Serait-il là en personne ? Ou juste sa représentation dans ma tête.


Et j’ai entendu les voix. Plusieurs. Deux, trois, quatre, plus ? Et les rires. Et une claque sur mon postérieur tout blanc. Et des doigts qui entrent en moi. Je sais que tu ne participeras pas à la fiesta. Je t’ai demandé de vérifier qu’ils me lubrifiaient correctement et qu’ils ajustaient parfaitement leurs capotes. J’aime savoir que ton regard ne va pas quitter mon entrejambes des yeux.


Je gémis à la première queue. Je souris aussi. Comme quand le jus de la cerise coule sur mon menton. Je ne vais pas prendre tout cela dignement. Je vais accueillir joyeusement toutes les queues que tu as convoquées pour moi. Les mains m’agrippent et s’agitent. Première salve intéressante. Je sens mes seins durs. Je monte en excitation. Je pense à tes yeux sur moi.


Quand la première bite me laisse béante, je pense à ma respiration. Ne pas perdre haleine. Je respire fort et un autre vit s’engouffre. Tout aussi dur. Plus lent. Plus appliqué. Ses va-et-vient me troublent. Et un doigt s’occupe de me caresser la rondelle. Tu sais, toi, que c’est la recette pour faire monter ma température. Pas tant de me titiller l’anus, quoique j’en sois bien sensible, mais surtout de me solliciter doublement. Je suis une femme simple : une caresse, je gère, deux, ça disjoncte.


Et quand ça déraille, ce sont mes tripes qui accueillent les informations et elles aiment ce qu’elles ressentent. Les aller-retours. Le chaud. La douceur et les doigts qui marquent. Mon jus qui coule. Mes chairs qui s’ouvrent et qui enserrent. Mes oreilles n’entendent même plus mes cris mais les encouragements, ça oui.


Je ne compte pas. Je n’avais pas envie. Tu le fais certainement pour moi. Je me sens boursouflée et accueillante. J’ai posé mes genoux, changé d’angle. Les queues m’enfilent et la jouissance revient. Je suis comme une coupe pleine qui déborde à l’infini. Je suis saisie, remplie, badigeonnée, baisée ; je me sens fort aise.


Mon esprit flotte dans une quiétude qui contraste avec la chair malmenée de mes hanches et de mes fesses. Je suis là. Je m’enroule autour des colonnes de chair et je sens que je bave. Je tire la langue dans ma boîte tellement c’est bon. Et puis ça continue. Je mets un point d’honneur à m’ouvrir pour chaque lance qui me transperce. Et plus je suis ouverte, et plus je fonds.


Je réalise enfin que la fureur a cessé. Que le calme est revenu. Ces mains qui me caressent doucement sont-elles les tiennes ? Tu avais dit que tu viendrais te joindre au chœur des valeureux si cela te semblait approprié le moment venu. Tu glisses en moi sans effort et, parce que c’est toi, bien sûr, je m’emporte encore une fois par-dessus la cascade. Je ne voulais rien promettre mais je te sens rassasié.


La lumière me pique les yeux. Tu me serres fort et tu me caresses les cheveux. « Quelle belle salope tu fais ! Félicitations Mademoiselle ! »

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