Marianne prend position

Touche pas à mon gang bang ! Quand le juge réglemente notre vie intime

Sexe réglementé

Par Rachel Binhas

Publié le 17/07/2026 à 20:57

En interdisant les gang bangs organisés par la société Z Machine au nom de la dignité humaine, le Conseil d’État s’introduit dans le lit des Français et rend une décision teintée de patriarcat.

« Quand ils sont venus chercher les libertins, je n’ai rien dit, je n’étais pas libertin. Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. » Tel pourrait être la mise en garde à adresser aux Français soucieux de leur liberté dans l’intimité. Car depuis jeudi 16 juillet, les juges administratifs ont rendu une décision qui peut inquiéter au-delà des premiers concernés : le Conseil d’État a validé la fermeture administrative de la société Z Machine, qui organisait des gang-bangs, au nom de l’atteinte à la dignité humaine, la femme étant réduite au « rôle exclusif d’objet sexuel ».

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Le consentement des femmes s’efface devant « l’atteinte à la dignité de la personne humaine », selon les pouvoirs publics représentés par la Ville de Paris et également les associations féministes Les Effronté-es, la Fondation des Femmes et Osez le Féminisme !. Pour celles et ceux qui ne seraient pas encore familiers de la pratique, le gang-bang est le nom donné aux rapports sexuels simultanés entre une femme généralement et un nombre d’hommes variables. Les mises en scène « pouvant inclure agressions sexuelles, violences, séquestrations et enlèvements », n’étaient pas au goût des juges, « quand bien même de tels événements reposeraient sur une mise en scène agréée avec les participantes ». À Marianne, la société organisatrice précise que les hommes ne sont pas les seuls à mettre la main à la poche pour ces expériences particulières : « Les femmes et couples paient également leur part, et les organisations [soirées] sont faites à la suite d’une demande émanant d’une femme ou d’un couple. »

Jouir sans entrave

Certes, la pratique est peu courante, baroque voire dérangeante pour beaucoup. Le regard moral peut être désapprobateur. Mais le fait que la régulation de l’intime, en l’espèce, n’échappe pas au Conseil d’État interpelle. Notons que l’établissement, contrôlé des dizaines de fois, n’avait présenté qu’un seul problème : un défaut de mise aux normes pour les personnes à mobilité réduite, réglé par la suite.

Les fantasmes des femmes doivent-ils épouser la norme qu’instaure le législateur ?

Est-ce à dire que le droit ne pourrait pas poser ses limites sur la vie sexuelle ? Si, et c’est heureux. L’intégrité physique est garantie par le droit. Sa mission de protection est essentielle, pour établir le consentement, protéger les plus vulnérables de notre société… Mais en considérant qu’une femme perd de sa dignité avec de tels actes, les juges portent un regard bien plus moral que juridique, ouvrant une brèche dans laquelle des puritains pourraient s’engouffrer.

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D’ailleurs, doit-on comprendre que les femmes sont des êtres particulièrement sensibles à protéger davantage que les hommes ? Les fantasmes des femmes doivent-ils épouser la norme qu’instaure le législateur ? Ou est-ce le début d’une jurisprudence qui ciblera bientôt les clubs libertins, les saunas gays et autres pratiques sadomasochistes ?

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En conclusion, chers adeptes de gang-bangs, je ne suis pas d’accord avec ce que vous faites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez jouir sans entrave.

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